Le Circuit Culture
Vous découvrirez Toulon sous toutes ses coutures. Ce circuit est idéal pour ceux qui ont soif de connaissance. Vous ferez le tour de la rade en bateau pour vous reposer en admirant un site naturel merveilleux. Le circuit est à télécharger en MP3 ou à imprimer pour le lire pendant votre visite.
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Etape 1 : La Gare de Toulon
Edifice Napoléon III, elle est l’exemple de la politique Haussmannienne d’agrandir la ville et de la relier à Paris.
Le chemin de fer permit un nouvel élan économique à notre pays en modernisant les moyens de communication. Dans les années 70, pour l’adapter à l’augmentation de la fréquentation, des arches en acier y furent intégrées.
Descendez l'avenue Vauban qui monte à la gare.
Etape 2 : La Banque de France
Avenue Vauban, ne se visite pas .
Ici eut lieu le 16 décembre 1992 le casse de la banque de France qui a défrayé la chronique. 150 millions de francs ont été dérobés en moins d'une heure grâce à la complicité d'une des comptables, Hélène Renaux, guidée par l'amour. L'opération a été menée de main de maître. Un des gardiens et sa famille ont été pris en otage puis utilisé comme cheval de Troie. L'enjeu de cette stratégie n'était plus les traits de la belle Hélène mais plutôt ceux plus palpables de Pascal ou Delacroix. Muni d’une ceinture d'explosifs, qui s'avérera sans dangerosité puisque le détonateur n'était pas relié, il forcera ses collègues à lui ouvrir la banque à 17h15, puis à laisser entrer le commando de gangsters. Une heure plus tard ceux-ci repartaient sans être inquiètés. Seul 1 million de francs sera récupéré. Hélène Renaux et quelques membres seront interpellés. La cour d'assise du Var prononcera des peines de 1 à 18 ans d'emprisonnement.
Tournez à droite au bas de l'avenue Vauban et longez l'avenue du Général Leclerc.
Etape 3 : Le Musée de La Ville
113 avenue du Général Leclerc.
C'est en 1887 qu'est édifié le musée-bibliothèque à l'extrémité ouest du boulevard de Strasbourg, sur les plans de l’architecte Allar pour abriter les nombreux tableaux, gravures et sculptures, propriété de la ville, exposés, jusque là, sur les murs des salons de l'Hôtel de ville.
De style Renaissance italienne, ce bâtiment abrite le Muséum d'Histoire Naturelle de Toulon, le musée d'art, et la bibliothèque de la ville.
Etape 4 : Le Musée d'Art
113 avenue du Général Leclerc. Ouvert tous les jours de 12h à 18h sauf lundi et jours fériés. Entrée gratuite
Le musée d'art propose des collections d'art contemporain (photo, peinture, sculpture) mais aussi et surtout des œuvres de peintres paysagistes provençaux et toulonnais dont l'un des plus illustres est sans aucun doute Vincent Courdouan (1810-1893).
Lors de votre visite du sentier des douaniers vous retrouverez les paysages vus au musée qui furent le sujet de prédilections des maîtres provençaux du XIX°.
La peinture provençale : pour le 17ème siècle, Michel Serre, Meiffren Comte ; pour le 18ème, Fragonard, des paysages de l'école provençale du 19ème siècle, Aiguier, Cordouan.
Vous pourrez admirer également les oeuvres des Orientalistes, Ziem Tournemine, Jules Laurent et des Fauves, Camouin, Verdillan, Chabaud ...
Les oeuvres contemporaines viennent également compléter cette belle collection avec les nouveaux réalistes comme Arman, César ou Niki de Saint-Phalle, ou les adeptes de l'art minimal, comme Don Judd, Dan Flavin, le groupe français d'avant garde support surface …
Une belle collection de photographies : Cartier Bresson, Faucon....
Etape 5 : Le Muséum d'Histoire Naturelle
113 avenue du général Leclerc.
Ouvert tous les jours de 9h à 18h week-end de 11h à 18h fermé jours fériés. Entrée gratuite.
La collection du Muséum couvre les principales disciplines naturalistes (botanique, minéralogie etc...). S'y déroulent régulièrement des expositions sur la faune et la flore de la région, sur les minéraux. Une salle est consacrée à la paléontologie : ne manquez pas la reproduction grandeur nature du Variraptor, dinosaure de la fin du Secondaire découvert dans le Var.
Etape 6 : Jardin Alexandre I
Profitez tant que vous le pouvez encore de la fraicheur à l'ombre des cèdres et des magnolias du jardin Alexandre I.
Alexandre I, Roi de Yougoslavie fut assassiné sur la canebière à Marseille le mardi 9 octobre 1934. En visite en France pour renforcer les liens entre nos deux pays contre l’Allemagne hitlérienne et l’Italie fasciste, il est accueilli par le ministre des Affaires Etrangères, Louis Barthou, et le ministre de la Marine, François Piétri. En remontant la Canebière à bord d’une voiture décapotée, il est assassiné par un nationaliste macédonien , Velicko Kerin, qui s’élance vers lui un pistolet à la main en criant « Vive le Roi ». Louis Barthou tombera lui aussi sous les balles du macédonien.
Le chargé d'affaire français en Yougoslavie, M. Knobel qui lui avait souhaité bon voyage lors de son départ de Yougoslavie lui avait déclaré :
" Vous allez trouver en France quarante millions d'amis !
" "Et peut-être aussi quelques uns de mes ennemis les plus acharnés ! " avait répliqué le roi. Ce furent les premiers coups de feu de la deuxième guerre mondiale.
Avant de rentrer dans le jardin, admirez le monument aux morts réalisé par Honoré Sausse, statuaire toulonnais, en 1925. Voyez comme l'allégorie de la France, debout, étend ses bras protecteurs sur ses enfants, soldats et marins, tombés pour elle.
Admirez le buste de Pierre Puget par Injalbert (1845-1933), auteur également des quatre statues ornant les piles du pont Mirabeau à Paris.
Etape 7 : Rue de la comédie « les Fantaisies Toulonnaises »
En sortant du jardin Place Gabriel Péri, traversez la route et suivez le trottoir en direction de l'ouest jusqu'au niveau du Palais de la Liberté (Salle de Cinéma). Prenez ensuite la rue Dugommier, puis la Rue de la Comédie à gauche.
De 1770 à 1862 (construction de l’opéra de Toulon) se tenait derrière cette porte les spectacles Toulonnais. Cette salle fut construite par l’orfèvre Nicolas Boullet. Sur son fronton le commerce et les arts.
Après 1862 la salle périclita. Elle fut un hangar pour les décors, un garage. Aujourd’hui une salle d’exposition.
Notons que Clemenceau y tiendra une réunion particulièrement houleuse.
Etape 8 : Eglise Saint Louis
Au sortir de la rue de la Comédie, descendez la rue Guiol et empruntez la petite rue de l'Ordonnance. Vous êtes sur la place d'Armes, vaste place entourée de fleurs et de verdure, théâtre de nombreuses manifestations tout au long de l'année : Fête du Livre, Fête de Bacchus...
Traversez la place vers l'Ouest et prenez la rue Jourdan, avancez de quelques mètres et arrêtez-vous devant l'Eglise Saint Louis.
Initialement elle devait être construite sur la place d’Armes que vous venez de traverser.
Pour des raisons militaires (proximité des remparts) alors que les premiers murs avaient été construits, elle fut déplacée dans la rue attenante à l’emplacement d’un couvent.
Les moines tentèrent de s’opposer à leur éviction en vain. Les travaux démarrèrent début XVIIIème. En 1793, elle devint le temple de la raison. Elle ne fut consacrée comme église qu’au milieu du XIXème.
On raconte qu’un prêcheur de talent remplissait à chaque office l’église. Un Toulonnaise dira qu’il y avait tellement de monde que les gens se pressaient jusque dans l’eucharistie.
Etape 9 : Place Monsenergue
Revenez sur vos pas et descendez la rue Anatole France en direction du port.
Vous voilà sur la place Monsenergue.
Devant vous les grilles de l'arsenal, à gauche le Musée Naval, à droite un corps de bâtiments avec la porte de l'ancien séminaire des jésuites. En vous tournant sur votre droite vous pouvez apercevoir la place d'armes où devait stationner les gardes de la marine qui furent finalement installés dans l'arsenal. Toulon et la Marine Nationale c'est je t'aime moi non plus. Toulon qui a connu son véritable essor grâce à la marine va en souffrir. Louis XII, Henri IV, Richelieu, Louis XIV, Colbert, et Vauban vont peu à peu transformer le port de guerre, utilisé pendant les guerres d'Italie, en base navale de la méditerranée.
Sur le fronton du musée naval vous admirez les deux sculptures. A gauche Mars, dieu de la guerre, par Verdiguier, à droite, Minerve, déesse de l'intelligence et de la stratégie, par Maucord. Cette porte était celle de l'arsenal. Elle a été déplacée lors des derniers travaux de réfection en 1976. Il aurait été regrettable qu’elle soit détruite. Derrière les grilles de l'arsenal vous apercevez une tour. C'est la tour de l'horloge (ancienne vigie coiffée d'un campanile en fer forgé).
En quoi est faite la cloche au sommet de la tour... en bois, la cloche d'origine en bronze, est à ses pieds.
La porte monumentale (à votre gauche au bout du corps de bâtiment), ancienne porte du séminaire des jésuites (qui était rue Anatole France), a été réalisée en 1689. Aujourd’hui elle est uniquement décorative. Sur l’écusson figuraient des fleurs de lys encadrées par deux enfants qui seront effacées sous la Révolution.
Etape 10 : Le Musée Naval
Il est temps de pénétrer dans le musé Naval.
Que vous soyez grand ou petit vous ne le regretterez pas.
A l’intérieur du musée, toute la vocation de Toulon, port de guerre, point de départ des expéditions coloniales, vous sera dévoilé. A voir principalement :
- de nombreuses maquettes dont deux modèles (salle du bas) très spectaculaires : la Frégate La Sultane et Le Duquesne.
- des figures de proue dont celle du Neptune dont on retrouvera un moulage Rue Vezzani et passage du Capucin
- des tableaux et gravures sur Toulon et l'Arsenal ainsi que de nombreuses marines (notamment certaines de Vincent Cordouan)
- des objets de marine (canons, objet de navigation...) et le pupitre de commande du porte avion Clemenceau.
Etape 11 : Le Port
Le quai Cronstadt est coupé de la ville par 4 longs bâtiments de sept étages de Jean de Mailly (prix de Rome contemporain du Corbusier), construits après la guerre sur les ruines des bombardements alliés. Il est vraiment difficile de voir la mer à Toulon...
Le premier quai a été construit au XIV°s par Pierre Medecis à ses frais avancés. Il s'était engagé à le finir pour la Saint Jean et devait être remboursé à la Toussaint. C'est aussi grâce à lui que Toulon pu avoir son premier conseil municipal en contre partie d'une redevance annuelle versée au comte de Provence. En 1316 Toulon n'a pas pu s'en acquitter et notre bon pierre obtint du comte un report de la dette en contre partie d'une hypothèque sur ses biens propres. Pour la petite histoire Pierre Medicis, XIII° amiral de France, ne siégea pas dans le premier conseil municipal de Toulon.
Au milieu du quai, la mairie d’honneur a été reconstruite à l’emplacement de l'ancien Hôtel de ville détruit en 1944. La porte, miraculeusement rescapée du bombardement allié qui dévasta tout le port, est supportée par deux atlantes de Pierre Puget. Premier ouvrage du célèbre sculpteur marseillais, terminé en 1657, elles représentent deux allégories : la force et la fatigue. A Toulon, Pierre Puget est connu pour ces deux statues qu'on appelle improprement les "Cariatides" de Puget alors qu'en fait ce sont des "Atlantes".
La différence entre les cariatides et les atlantes ? Les cariatides sont des statues féminines servant de support vertical alors que les Atlantes sont des statues masculines ayant le même but. Mais les Toulonnais continuent encore de nos jours à les appeler "Cariatides". Lors des bombardements de 1944, ces statues ont par précaution, été transportées hors de Toulon. A la reconstruction, elles seront replacées sur la nouvelle Mairie édifiée dans les années 60.
Devant la mairie d'honneur une statue de 3,40 mètres fait face à la mer et pointe son index vers le port. C’est la statue du Génie de la navigation ! Erigé en hommage à tous les marins illustres, c'est sous le sobriquet de "Cuverville" qu'il est le plus souvent désigné, en raison de l'orientation d'une partie de son anatomie, ou, plus sérieusement, en souvenir du vice-amiral de Cuverville, commandant de la flotte de la Méditerranée en 1895. Allégorie de l’esprit de conquête et d’exploration des grands marins, cette statue de bronze sculptée par Louis joseph Daumas en l'honneur de Louis-Philippe, est inaugurée en 1847. L'Histoire n'a pas épargné "Cuverville" ! Les bombardements alliés de 1944 abîment sérieusement son socle et ses bras qui seront stockés dans un entrepôt municipal jusqu’à sa restauration en 1959. Il est alors installé dans un cadre de verdure face à la rue d'Alger. C'est grâce à un référendum local officieux qu'il reprend sa place sur le carré du port.
Le piédestal est décoré de quatre bas-reliefs exécutés également par Daumas :
• l'histoire et la renommée gravant au burin les noms des marins illustre
• le barbare recevant au-delà des mers les bienfaits de la civilisation en foulant à ses pieds les attributs de la barbarie pour s’armer du symbole du commerce et de la paix
• la représentation des périodes de la navigation
• Toulon personnifié en Gaulois gravant sur un bouclier la date de l’inauguration du monument.
Face à Cuverville qui semble le pointer du doigt, sur la droite de l’autre côté du port, les derniers restes du Bagne de Toulon.
C'est dans le port de Toulon qu'arriva la Venus de Milo en France ainsi que l' obélisque de Louxor. Ce n'est pas en découvrant les beautés de la rade de Toulon que les bras lui en sont tombés, bien sûr. Certains disent que lors de sa découverte elle n'avait déjà plus de bras.
Mais alors, pourquoi Dumont d'Urville dans son rapport déclare qu'elle tenait dans sa main droite une pomme et dans sa main gauche une ceinture drapée? Elle a peut être perdu les bras à bord du navire qui l'amenait en France, mais personne n'a voulu en assumer la responsabilité. Pour Jean Aicard (poète varois) des nationalistes grecs qui voulaient empêcher son départ en ont été la cause.
Etape 12 : Le Bagne
Pouvez vous citer deux noms de bagnards célèbres ? Eugéne François Vidocq chef de la sûreté de Napoléon et Jean Valjean héros des Misérables de Victor Hugo. Pour écrire Les Misérables Victor Hugo est venu à Toulon se documenter, mais nous en reparlerons un peu plus tard. Revenons au Bagne qui arriva à Toulon avec les galères de Marseille en 1624.
Citons aussi, deux bagnards moins connus, Raoul et Coignard, le Monte Cristo toulonnais.
Raoul, condamné à l'âge de 16 ans à 20 ans de bagne pour avoir dérobé à son oncle 20 Louis (1 an par Louis), y mena une vie exemplaire obtenant l'autorisation de circuler en ville de temps en temps. Sa peine purgée il ne voulut jamais quitter le bagne.
Pierre Coignard condamné en 1801 à 15 ans de travaux forcés s'évade en 1805. À l’image du comte de Monte Cristo, il se forgea une nouvelle identité en Espagne s’appropriant le nom d'une famille d'émigrés et un titre nobiliaire. Il se faisait appeler lieutenant colonel de Pontis. Il servit dans l'armée de Joseph Bonaparte, Roi d'Espagne. De retour à Paris il fut reconnu par un ancien bagnard lors d'un défilé place Vendôme. Il fut arrêté par Vidocq (un autre bagnard) et retrouva Toulon et ses chaînes en 1819.
Pourquoi les bagnards ont des vestes rouges et des pantalons jaunes?
Parce que ceux sont des ye-yes ! Non, je plaisante c'est pour les reconnaître plus facilement en cas d'évasion.
Les bâtiments du bagne étaient sur la darse (bassin) vielle, sur la darse neuve et sur ponton flottant. En 1817, un vaisseau hors service servant de casernement à 480 bagnards coula dans la nuit. Tous furent repêchés saint et sauf. Ouf, ils ont eu chaud !
Les bagnards étaient classés en "ordinaires", "éprouvés", "incurables" et "indociles". Ils étaient affectés sur les galères ou à des travaux à terre. Les temps étaient si durs que des hommes libres se portaient volontaires comme rameur sur les galères. Ce n’était pas une partie de plaisir, le taux de mortalité étant très élevé.
Il y avait souvent des évasions au bagne (168 en 1800). Dans certaines soirées ils étaient demandés pour le service en ville.
De 1852 à 1973 le bagne de Toulon étant supprimé, les bâtiments serviront désormais de dépôt pour les forçats en cours de transfert vers les colonies ou Cayenne.
Etape 13 : Tour de la Rade en Bateau
La sortie de la darse que vous venez de passer s'appelle la chaîne vielle. Pourquoi ? Parce qu'au 18ème siècle la darse était fermée par une chaîne...
En sortant de la darse vielle, admirez la base navale et les vaisseaux de la marine française dont le Charles de Gaule quand il n'est pas en mission. Fermée au public sauf en petit train, la base navale de Toulon est un ensemble immense qui couvre 10km de quais. Une véritable ville dans la ville qui emploie 12 000 personnes.
Tout a vraiment commencé pour Toulon en 1490 quand sont formés les premiers équipages pour les vaisseaux du Roi. Mais c’est avec Vauban et Louis XIV que l’Arsenal naît véritablement. Les galères royales de Marseille sont transférées à Toulon ainsi que le fameux Bagne. La base est agrandie grâce au travail des bagnards entre le 18ème et le 19ème siècle. Toulon devient alors (ce qu’il est encore aujourd’hui) le premier port militaire français, avec les expéditions coloniales du Second Empire et de la IIIème République (l'expédition pour Alger).
Le sabordage de la flotte
Le fameux sous marin « le Casabianca » était amarré dans le port de plaisance en 1942 lorsqu'il appareilla précipitamment pour fuir Toulon sous le feu des allemands. Seuls quelques sous marins réussirent à quitter la rade. Le reste de la flotte, plutôt que de se livrer aux Allemands ou de rejoindre les Anglais (la marine avait toujours à l'esprit le souvenir sanglant de Mers El Kebir où les anglais avaient préféré couler une partie de nos navires plutôt que de risquer les voir rejoindre les forces Nazis), a choisi de se saborder.
Ce fut le deuxième sabordage à Toulon qui sonna définitivement le glas de notre marine.
Chaque famille Toulonnaise avait au moins un de ses membres dans la marine ou qui travaillait pour la marine. Beaucoup de femmes pour arrondir leurs fins de mois cousaient chez elles les uniformes de nos petits gars au pompon rouge. Au milieu du 19ème siècle tout le monde connaissait une «marinette». La «marinette» fille engagée dans la marine bien que restant à terre sentait bon l'aventure et «le sable chaud».
Si au cours de votre visite vous croisez un marin, n’hésitez pas à toucher son pompon rouge, il parait que cela porte bonheur.
Au fait pourquoi sommes-nous les seuls marins au monde à avoir un pompon rouge? Certains de dire que c'est parce que Napoléon a été le seul maître de l'Europe pendant 24 h, d'autres vous expliqueront qu'à l'origine, c'était la touffe d'arrêt des bonnets de laine du marin. Si sous Louis XIV le pompon a la couleur de son unité, en 1872 il devient pour tous rouge. Des petits malins rajouteront que le pompon absorbait les chocs crâniens quand le matelot imprudent se relevait sans faire attention.
Admirez la rade, Jules Michelet en parlant d’elle disait : « Cette rade on le sait, est la merveille du monde. Il y en a de plus grandes encore mais aucune si belle, aucune si fièrement dessinée. »
Etape 14 : La Seyne Sur Mer
Hameau de pêcheur dont les premiers habitants venaient des alpes (village de la Seine) est devenu une ville ouvrière au XIX° connaissant une forte expansion par l'implantation des chantiers navals.
Les chantiers ont été fermés en 1992. La ville qui en a été traumatisée aujourd'hui connait une nouvelle dynamique se transformant en cité balnéaire et accueillant les bateaux de croisière.
Etape 15 : Le Siège de 1793 (Le Petit Gibraltar)
Le premier fort que vous croisez sur votre droite, c’est le fort de l'Eguillette (ou Aiguillette)puis un peu plus loin, celui de Balaguier.
Devant ces deux fortifications, le moment est venu de vous parler de la prise de Toulon par l'armée Républicaine en 1793. C'est du sommet de la colline derrière ces deux forts que Napoléon installa les batteries des hommes sans peur, des chasses coquins et des jacobins pour bombarder les forts et la flotte anglaise qui était ancrée dans la rade.
La prise de Toulon dura quatre mois. A la mort de Louis XVI le midi de la France connut un immense mouvement contre révolutionnaire. Toulon passa sous la coupe des contre-révolutionnaires et fut la seule ville à proclamer Louis XVII roi de France. Il y eu de nombreuses exécutions de jacobins et la guillotine et les gibets ne chômèrent pas.
Alors que le comité de Salut Public traitait Toulon avec mépris, l'insurrection gagna du terrain dans la région (Marseille compris). L'escadre Française tenta symboliquement de résister à l'entrée de l'escadre anglaise à Toulon.
Deux armées furent envoyées par la Convention pour reprendre Toulon, l'une venant de l'ouest l'autre de l'est. À l'ouest, en provenance de Marseille, l'armée menée par le Général Dugommier va prendre Ollioules pour en être chassée par les contre-révolutionnaires le 2 septembre 1793. Le 7 Ollioules est repris. Bonaparte qui dirigeait l’artillerie, ne disposait que de 4 pièces de 24, fit placer une batterie sur les hauteurs de Brégaillon c'était la batterie des sans culottes. De là il va pouvoir tirer sur les vaisseaux. C'est là, alors que Junot écrivait sous la dictée de Bonaparte, qu’un boulet tiré de la frégate «le commerce de Marseille» va éclabousser de terre les deux hommes. Junot dira «ça tombe bien pas besoin de sable maintenant» (à l'époque on saupoudrait de sable l'encre pour la sécher). Les anglais sous la pression des tirs vont aller mouiller l'escadre à la hauteur de l'Aiguillette. Ils avaient compris comme Bonaparte que les forts de l’Eguillette et de Balaguier étaient la clef de la rade. Ils étaient si bien défendus que les révolutionnaires les avaient appelé "le petit Gibraltar".
Le 1er octobre, l'armée de l'est tente de prendre le Faron. Des soldats se trouvent acculés contre la falaise côté Revest et préfèrent sauter dans le vide aux cris de « vive la République » que de se rendre. Mais la position de Toulon devient intenable avec la poussée faite sur l'Eguillette et Balaguier par les batteries placées en surplomb par Bonaparte (batterie des hommes sans peur, des chasses coquins et des jacobins). Le 17 décembre, masqué par des attaques de diversion, l'assaut simultané du Faron et des défenses du petit Gibraltar est lancé. L'escadre anglaise part et va mouiller au large de Hyères non sans avoir incendié l'arsenal et 9 vaisseaux. C'était un prémisse du sabordage de la flotte. Les bagnards luttèrent avec opiniâtreté contre l'incendie à tel point que dans un message à la Convention, on peut lire "les forçats sont les plus honnêtes gens de Toulon". La Convention avait prévu de réquisitionner 12 000 ouvriers pour raser la ville. Le projet fut abandonné, Toulon ayant une importance stratégique incontestable.
Etape 16 : La Seyne sur Mer :
Le fort de l'Eguillette (ou Aiguillette)
Corniche Bonaparte
Ne se visite que lors des Journées du Patrimoine.
Construit par Vauban en 1672 pour participer à la défense de la rade avec ses 22 canons. Il conserve toujours une mission de surveillance.
Etape 17 : La Seyne sur Mer : Le Fort Balaguier
924 Corniche Bonaparte N° Tel : 0494948472
Ouvert sauf lundi mardi et jours fériés de septembre à juin de 10h à 12h et de 14h à 18h de juillet à août de 10h à 12h et de 15h à 19h
En mai 68 le gouvernement y avait stationné en catimini des paras pour pallier tout risque de débordement. Ce fort construit en 1633 à la demande de Richelieu, puis repris par Vauban en 1679, a un donjon circulaire avec 8 ouvertures pour les canons. Il se trouve en face de la Tour Royale, de l’autre côté de la rade, pour protéger l’entrée du port. Il abrite aujourd'hui un musée sur la construction navale, les galères et le bagne de Toulon. Il a aussi une salle réservée à la botanique.
Etape 18 : La Seyne sur Mer : Tamaris
En bordure de la baie de Lazaret
Michel Pacha né Marius Michel en 1819 implanta, sur proposition de Napoléon III, des phares sur la côte turque puis fonda le port moderne de Constantinople. Il fut ensuite nommé pacha par le sultan Ottoman. Il revint à Sanary, sa ville natale, à la tête d'une immense fortune. Elu maire de la commune, il voulu transformer Tamaris en station balnéaire et percer un isthme entre Saint Mandrier et les Sablettes. Ce fut un échec. Reste aujourd'hui les villas qu'il a faites construire dont une d'inspiration orientale pour sa femme. Avant que les travaux ne fussent achevés un déséquilibré poignarda sa femme. La maison ne fut jamais habitée. Elle abrite aujourd'hui une fondation de peinture: la villa Marcel Pacha.
Etape 19 : La Seyne sur Mer : La Villa Tamaris Pacha
Route de la grande maison N° Tel : 04 94 06 84 00
Pendant les expositions du mardi au dimanche de 14h à 18h30 fermé les jours fériés entrée gratuite
Construite par Marcel Pacha en 1890 dans un style Toscan, accueille une exposition d'art contemporain.
En 1861, à l’âge de 57 ans Georges Sand se remet à peine d’une méchante typhoïde. Pour sa convalescence elle s’installe à la villa « Tamarin » à Tamaris. En arrivant à Toulon, elle séjournera une soirée à l’hôtel de la croix d’or avant de s’embarquer pour Tamaris. A-t-elle rencontré Victor Hugo qui séjourna lui aussi dans cet Hôtel ? Mystère !
Rapidement elle retrouve des forces. Termine la correction de Valverde et commence La famille de Germande.
Elle va sillonner Tamaris, faire un herbier, puis se lancer dans toute la région à l’écoute de ce pays violent et contrasté. Un roman va en naitre Voyage dit du midi.
En précurseur de l’écologie elle va écrire avant de partir « on bâtit partout, la campagne disparaîtra sous une ville garnissant toute la côte… Ce sera très laid.» Aurait-elle été visionnaire ?
Les premiers navires à vapeur à desservir la rade datent de 1837. Sur la « Mouette » une femme accoucha pendant la traversée. Elle voulu appeler sa fille Mouette, mais l'état civil qui était bien plus strict à l'époque qu'aujourd'hui refusa.
Etape 20 : La Seyne sur Mer : Les Sablettes
Le village a été reconstruit au milieu du 20ème siècle par Fernand Pouillon sur l'isthme qui relie la Seyne sur Mer à Saint-Mandrier après sa destruction en 1944 par les allemands qui y avaient installé des blockhaus. Le troisième Reich se sentant acculé n’avait d’autres solutions que de fortifier les côtes pour s’y retrancher.
Entre les maisons néo provençales, vous trouverez des œuvres d'art contemporaines de Louis Armand, Jean Amado. Le parc paysager Fernand Braudel accueille de nombreux arbres et plantes médicinales autour de deux plans d'eaux.
Dans la petite rade vous pouvez voir d’étranges cabanes sur pilotis : est-ce un village lacustre du néolithique ou des parcs à moules ?
Des parcs à moules bien sûr. Il n’y a pas que les moules de Tamaris qui sont réputées, les huîtres aussi le sont.
Etape 21 : Saint-Mandrier
Enfin vous arrivez sur le port de Saint-Mandrier, avec sa base militaire où sont cantonnés les hélicoptères et les commandos Hubert.
Entre la baie de Tamaris et Saint-Mandrier, une bande de terre et de sable a progressivement rattaché l'île au continent.
Au 6ème siècle, c'était une île qui s'appelait l'ile de la Sepet. Mandrier et Flavien, convertis par Saint Cyprien, étaient venus vivre en ermite dans une tour antique sur cette île. Ils faisaient certainement office de vigile, la devise de Saint-Mandrier (la ville actuelle) n'est-elle pas « semper Mandrianus vigile ». Ils seraient morts, tués par des pirates et leurs restes furent enterrés dans la tour avant de rejoindre ceux de Saint Cyprien et d'être canonisés.
Sur le chemin du retour vers Toulon, ne manquez pas d'admirer depuis le large l'imposante Tour Royale.
Etape 22 : La place Gambetta (office du tourisme)
Une fois sur le quai Cronstadt, traversez l'avenue de la République et dirigez vous vers l'est vers La place Gambetta.
Vous pourrez vous arrêtez ici quelques instants à l'office du tourisme. Devant la longue fontaine, un bronze représente la partie de carte de Pagnol. Asseyez-vous et si vous avez du cœur n'hésitez pas à le jouer.
Remontez ensuite vers le nord par la Rue Nicolas Laugier jusqu'à la Place du Globe.
Etape 23 : Rue Pierre Sémard
La rue Pierre Sémard relie les remparts du 15ème sicèle à la ligne de défense construite sous Henri IV, place d'armes.
Suivez la rue Pierre Sémard vers l'Ouest jusqu'à la Place Ledeau. Continuez vers l'ouest, rue d'Astour et prenez en suite la deuxième à gauche : Rue des Tombades.
Etape 24 : La Maison de La Photographie
Rue Nicolas Laugier. Place du globe.
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h fermé les jours fériés. Entrée gratuite
Ce nouveau musée, ouvert en 2002, est riche d’un fonds de plus de 400 œuvres réunies notamment dans les années 80 par Marie-Claude Beaud. Œuvres d’envergure internationale ou œuvres d’artistes régionaux, les photos sont éclectiques et valent le détour.
Etape 25 : Rue des Tombades
Elle porte ce nom car depuis le 18ème siècle, elle est spécialisée dans les abats. Elle est parallèle à la rue des Boucheries.
Au moyen age elle abritait le ghetto juif et portait le nom de rue de la juiverie. En avril 1348, en pleine nuit, cette rue fut le témoin d’un bien triste épisode de l’histoire de notre ville : une quarantaine de juifs furent massacrés. En Provence, les juifs jouissaient d’une relative tranquillité. Beaucoup étaient banquiers car ce métier était interdit aux catholiques ( Le prêt à intérêt était prohibé car le temps n’appartenait qu’à Dieu selon saint Thomas). Si ce massacre a été camouflé sous des raisons de haine religieuse ou de peur de la peste en accusant les juifs d’en être porteur, en réalité le crime a été commis par des débiteurs qui ont de facto effacé leurs dettes.
L’enquête fut difficile, personne ne voulant dénoncer les coupables. De guerre lasse, ayant elle aussi besoin d’argent, la reine Jeanne consentit à pardonner moyennant versement par la ville de la somme de 1.000 florins.
Suivez la rue Emile Zola quelques mètres et descendez la rue des Boucheries puis la rue F. de Brunetière. Vous arrivez Place de la Poissonerie. Après vous être un peu rafraîchi à la fontaine, avancez encore un peu jusqu'à la Place à l'Huile.
Etape 26 : La Place à l' Huile
La légende dit que tous les 3 octobre lors de la procession dans la ville de la statue de Saint Cyprien, le saint patron de Toulon , sa joue rougissait quand le cortège passait place à l'huile en souvenir de la gifle qu'il avait reçu d'un arien pour ses trop nombreuses conversions.
Ses restes ainsi que ceux de Saint Mandrier et de Saint Flavien, ses deux disciples, furent retrouvés dans une caisse certifiée en 1201 et se trouvent aujourd'hui à la cathédrale.
A vous de trouver la maison des têtes. Vous la reconnaitrez facilement sur sa façade il y a de nombreuses têtes sculptées.
La maison des têtes a été entièrement reconstruite à l'identique car... le 15 février 1989 à 14h30 une explosion faisant 13 morts la réduisit à un tas de gravas. La cour d'appel d'Aix en Provence confirmait le non lieu en accréditant la thèse du suicide au gaz du locataire du 3° étage. Les familles regroupées en association ne partageaient pas cet avis. Plusieurs hypothèses courent dans les ruelles du vieux Toulon.
Dans cet immeuble il y avait une étude d'huissier: Me Maman. C'est un métier où l'on ne se fait pas que des amis. Ou alors... plusieurs personnes auraient vu dans le ciel un éclair quelques secondes avant l'accident. S'agirait-il d'un missile? Le seul survivant qui se trouvait au premier étage a vu une collègue de travail se lever regarder par la fenêtre et pousser un cri...
Il a été impossible de récupérer les vêtements qui ont été incinérés par erreur. Plus troublant un médecin a infirmé la thèse du suicide, la locataire du 3ème ayant eu le thorax écrasé et non pas déchiqueté et brulé... si vous élucider ce mystère vous gagnerez 10 points de plus.
Prenez la rue de la fraternité vous débouchez sur La place Louis Blanc.
Etape 27 : L’église Saint François de Paule
L’église Saint François de Paule était jadis le palais vicomtal de la ville où résidait le Roi René lors de ses visites à Toulon.
C'est au Roi René justement que nous devons la devise de Toulon « Concordia parva Crescunt »... Elle a été reprise de la charte du 29 mai 1437 octroyée par le Roi René aux toulonnais.
Mais que veut-elle dire ?... Cette maxime tronquée proviendrait de Salluste dans sa Guerre contre Jugurtha et signifie : « la concorde accroît les petits états, la discorde désagrège les plus grands ».
Sa façade en courbe et contre courbe est un exemple typique et unique à Toulon de style baroque du 18ème siècle en Provence.
Sous la révolution elle abritera le club des Jacobins.
Elle a du être restaurée à la libération ayant souffert des bombardements.
Si vous pénétrez à l’intérieur, arrêtez-vous devant l’autel en marbre polychrome et la chaire en noyer de cette ancienne chapelle du couvent qui y était attenant.
Depuis la place Louis Blanc, suivez l'avenue de la République vers l'ouest jusqu'au Stade Mayol.
Etape 28 : Le Stade Mayol
Le stade Mayol a vu le jour grâce à l'amour que Félix Mayol portait au Rugby et aux jeunes de notre ville. Pour que les minots (jeunes en patois local) ne soient pas désœuvrés il a fait dont des droits de la chanson « viens poupoule » pour que soit construit le stade. Félix Mayol (1872-1941) avec son brin de muguet à la boutonnière promut toute une génération de comédiens Toulonnais (Sardou, Tramel...). Les Parigots les surnommais les comiques à l'huile. Pourquoi avait-il toujours un brin de muguet à la boutonnière ?Le 1er mai 1895, arrivant à Paris pour son premier spectacle, il fut accueillit par son amie Jenny Cook qui lui offrit un bouquet de muguet. Il mit un brin à sa redingote pour ne pas faire trop croque mort. Le soir ce fut un triomphe. Il conserva ce porte-bonheur toute sa vie.
Le RCT (Rugby Club Toulonnais) a su créer un lien puissant avec les Toulonnais. C'est une magnifique histoire d'amour entre une équipe et sa ville. Il a été porté sur les fonds baptismaux en juin 1908 du regroupement de la sélection maritime du sporting club télégraphique et du stade varois au « Coq Hardi » brasserie située sur le Bd de Strasbourg. Notre premier bouclier de Brennus a été remporté en 1931.
Le Rouge et le Noir, portés par les joueurs témoignent de leur férocité: le Rouge pour la Colère et le Noir pour le deuil des adversaires. Le brin de muguet est porté en l'honneur de Félix Mayol et reste l'emblème du club. Orné de 13 clochettes, il double les chances de victoires. De Herrero, Gruarin, Rives à Marc de Rougemont, Gerald Orsoni ou Christophe Dominici, nombreux sont les héros de l'ovalie qui ont entendu chanté le "pilou-pilou".
Combien de finales avons nous vécues ? Combien en vivrons nous encore grâce à l’élan impulsé par la nouvelle équipe dirigeante du club ?
Alors n'hesitez plus, prenez donc rendez-vous un soir pour aller ressentir par vous même la passion d'une ville pour son équipe. Vous gouterez alors, le temps d'un match à l'énergie dégagée par le bouillonant "Chaudron" qu'est Mayol !
En passant devant le stade vous verrez, juste avant le rond point une pelouse avec un ballon de rugby géant.
Etape 29 : Le Cours Lafayette
Tous les matins le marché.
Au cœur de la vieille ville, il est un modèle de marché provençal, brassé de couleurs et de senteurs, chanté par Gilbert Bécaud, natif de Toulon, dans sa chanson Les marchés de Provence. C'est là qu'on découvre le visage le plus pittoresque de Toulon. Le cours Lafayette relie le port en traversant tout le vieux Toulon médiéval à la haute ville Haussmannienne. Les couleurs, les odeurs, les commerçants qui vantent leur produit avec l'accent, c'est vraiment du grand spectacle de rue. Si vous croisez un marchand de cade n'hésitez pas à en acheter un cornet idem pour les « chichis fregis ». Si vous n'aimez pas nous vous rembourserons le guide...
La cade est faite avec de la farine de pois chiche. Le pois chiche est sacré pour les provençaux. Ne raconte-t-on pas qu'alors que la famine sévissait un bateau chargé de pois chiche a accosté à Fréjus le jour des rameaux, sauvant la ville et même la région. C'est peut être pour cette raison que si l'on mange des pois chiche le jour des rameaux, on sera préservé des furoncles toute l'année. Peut être aussi parce l'âne que montait Jésus en entrant dans Jérusalem s'est arrêté dans un champ de pois chiche pour se régaler...
Le miracle de Saint Antoine
Melle Bouffier tenait son commerce au n°41 du cours Lafayette. Le 12 mars 1890, comme tous les jours, de bon matin elle alla ouvrir sa boutique. La serrure était bloquée. Le serrurier appelé sur les lieux fut lui aussi impuissant. Alors qu’il allait chercher d’autres outils pour forcer la porte, notre bonne demoiselle fit une prière à Saint Antoine et oh miracle ! En tournant la clé la porte s’ouvrit. Très rapidement la boutique devint un lieu de pèlerinage. Les dons affluèrent et permirent pendant dix ans à Melle Bouffier, qui en tenait une scrupuleuse comptabilité, de nourrir les pauvres et d’aider les hospices et les hôpitaux de la ville.
Etape 30 : Le Musée du Vieux Toulon
69 cours Lafayette N° Tel : 0494621107 - 0494922923
Ouvert du mardi au samedi de 14h à 17h45 fermé jours fériés. Entrée gratuite.
Ancienne évêché de Toulon. Musée consacré au Toulon d'avant le II° guerre mondiale. Deux expositions permanentes:
- l'art sacré
- l'histoire de Toulon avant 1940 (en particulier plan relief de la ville...)
- et le bibliothèque.
5000 titres sur Toulon, la marine et les chants d'église (antiphonaires).
En sortant du musée, remontez un peu le cours, prenez vers l'Ouest la rue Garibaldi et suivez là pour rejoindre les remparts et la Porte d'Italie.
Etape 31 : La Porte d'Italie
Ouverte en 1791, sur les plans de Vauban, dans l'enceinte dite Henri IV, elle est l’un des derniers vestiges intacts de l’ancienne fortification de la ville. Passez sous la porte. Imaginez que vous suivez le général Bonaparte partant rejoindre l'armée d'Italie. Encore quelques kilomètres et vous participerez à la bataille d’Arcole.
Revenons sur terre, enfin à Toulon. Vous n'êtes pas un des fameux grognards, alors vous pourrez vous reposer quelques instants sur un banc pendant que vos enfants tireront au canon. A vous de trouver les deux canons...
Sur la gauche, vous apercevrez la fac de Droit et sur la droite un immeuble moderne qui abrite la maison des technologies et un centre commercial.
Repassez sous la porte, et revenez sur le cours Lafayette par la Rue Garibaldi. Descendez vers le port et prenez à droite la traverse de la Cathédrale.
Etape 32 : La cathédrale de Toulon ou Sainte Marie de la Seds
55 place de la Cathédrale.
Ouverte du lundi au samedi de 8h à 12h et de 14h30 à 19h fermée dimanche après midi et de juin à septembre ouverte de 15h à 19h
Quelle est la caractéristique de cette cathédrale ?... Elle a changée d'orientation passant d'un axe est-ouest à un axe nord-sud.
La légende veut que Léon disciple du Christ, embarqué dans la barque miraculeuse des vierges aurait fondé la 1ère église à Toulon. Préservée des destructions, cette cathédrale témoigne de plus de mille ans d’architecture religieuse. Au 11ème siècle, Gilbert de Boson, Comte de Provence, de passage à Toulon lors d’une croisade, vit la modestie de notre église et fit le vœu de faire bâtir une cathédrale consacrée à la Vierge Marie.
A qua es di a qua es fa (ce qui est dit est fait, en toulonnais local) La Cathédrale Sainte-Marie de la Seds, dont le nom vient du latin "sedis" (siège) signifiant « siège de l'évêque », présente des styles architecturaux hétérogènes et empilés. En effet, l'église romane a été agrandie de 1654 à 1659, englobant du même coup l'ancienne chapelle des Saintes Reliques, construite au 15ème siècle. Est toujours conservé le chef de Saint Cyprien le saint patron de Toulon, évêque de Toulon au VI° s. Ses restes ainsi que ceux de Saint Mandrier et de Saint Flavien, ses deux disciples, furent retrouvés dans une caisse certifiée en 1201. La légende dit que tous les 3 octobre lors de la procession en son hommage dans la ville, la joue de sa statue rougissait quand le cortège passait par la place à l'huile en souvenir de la gifle qu'il avait reçu d'un arien pour ses trop nombreuses conversions.
La façade de la cathédrale, de style classique avec ses colonnes corinthiennes, a été édifiée de 1696 à 1701, le clocher de 1737 à 1740. Son orientation initiale était est-ouest alors qu’elle est désormais, et ce depuis le 17ème siècle, orientée nord-sud.
Pourquoi l’enfant Jésus dans le cœur, a le bras gauche cassé… Pendant la révolution un sans culotte monté sur une échelle, armé d’un marteau brisa le bras. Il chuta et se brisa le même bras au même niveau. Ainsi furent préservées toutes les autres statues. Comme quoi une maladresse peut bien cacher un miracle. Miracle qui se réitéra quelques mois plus tard. En effet il avait été décidé que la cathédrale servirait d’écurie. Personne à cheval ne pu y pénétrer, les chevaux renâclant ou se cabrant. On comptât de nombreux blessés et même quelques morts qui durent sur l’heure s’expliquer avec le très haut.
En sortant, arrêtez vous à gauche du porche : une inscription de 1239 provient du mausolée élevé par Sibille, dernière châtelaine de Toulon, dédié à ses parents et à Gilbert de Baux son mari. Sibille légua par testament la ville au duc d’Anjou, comte de Provence ce qui nous évita bien des tourments. A l’époque, Charles d’Anjou était rejeté par une partie de la population hostile aux français. Mais il était évident que Charles l’emporterait.
Depuis la place de la Cathédrale, suivez la rue Emile Zola pour rejoindre la rue d'Alger. Remontez cette dernière jusqu'à la Place Puget.
Etape 33 : Place Puget
Lieu idéal pour faire une pause à la terrasse d’un des cafés ou pour chiner les jours de brocante.
Sur cette place se trouvaient les plus beaux hôtels de la ville. Victor Hugo y aurait séjourné en même temps que Georges Sand. Ne se connaissant pas ils ne se sont que croisé. Hélas peut-être ou peut-être tant mieux pour Musset et Chopin...
C'est sur cette place que Mireille Darc fît ses classes d'art dramatique. Pourrais- je suggérer que ce soir ,Madame, vous portiez la même robe décoltée que notre célèbre actrice...
Admirez la fontaine aux trois dauphins (1782) dont la sculpture fut longtemps attribuée à Pierre Puget avant que justice soit rendue à Chastel.
Ecoutez Léon Vérane en parler:
« Sur ce duvet de molles mousses
On voit des perles voltiger
Des perles vivantes et brèves
Qui rêvent : « Mourir sur ces fleurs !»
Mais l'été aux mains d'or soulève
Ces guirlandes de perles brèves
Et les écrase sur son cœur »
Etape 34 : L' Opéra de Toulon
Sur le coté gauche la statue grandeur nature de Raimu, célèbre acteur Toulonnais, qui a su si bien porter à l'écran les personnages de Marcel Pagnol. Qui ne se rappelle pas de la partie de cartes dans « Marius ».
Nous sommes ici sur la limite nord des anciennes fortifications. A l'est de la place les immeubles ont été surélevés sur une base plus ancienne allant du 12ème au 17ème siècle, au sud s’étend la vielle ville, à l'ouest les immeubles sont contemporain de l'agrandissement de la ville en 1852.
Napoléon III a fortement marqué la ville actuelle qui jusqu'en 1852 était encore enserrée par ses fortifications. Les murs tombent et la ville s'étend au nord vers le Faron. C'est grosso modo la partie au dessus du boulevard de Strasbourg qui ne manque ni de charme ni d'éclat.
L’Opéra est célèbre pour son acoustique. N'a-t-il pas été construit par Léon Feuchères sur les plans de Garnier (Opéra de Paris)... c'est un pur chef d'œuvre Napoléon III. Si vous avez la chance de le visiter ou d'aller écouter un opéra, allez au foyer. Vous verrez un immense tableau représentant la farandole de l'opéra Pétrarque écrit par Hyppolite Duprat, notre médecin musicien, qui ne connut la ni la chance ni la renommée qu'il aurait bien méritées.
Si l'opéra tourne le dos au boulevard de Strasbourg c'est qu'il avait été prévu l'aménagement d'une avenue allant droit vers la mer. Mais n'oubliez jamais qu'à Toulon tout est fait pour ne pas voir la mer.
De style néo-classique l’opéra a été inauguré le 1er octobre 1862, soit 13 ans avant l'opéra Garnier de Paris. Conçu par Léon Feuchères sous les auspices d'Apollon, ce temple de la musique jouit d'une acoustique exceptionnelle.
La façade principale est dessinée sur le nombre d'or comme le Parthénon d’Athènes construit par le célèbre Phidias. Il est considéré comme une des clefs du monde ou comme le critère de beauté par excellence. On retrouve ce nombre dans les étamines du tournesol.
À l’entrée des artistes sur le Boulevard de Strasbourg. Au dessus de la porte trône Apollon. Apollon, comme personne ne le sait, est le dieu de la lumière, de l’art et de la musique. C’est lui qui a terrassé le serpent Python, symbole de l’obscurantisme. Au dessus de lui admirez les six muses (Terpsichore, la danse, Thalie, la comédie, Calliope, la poésie épique, Erato, la poésie lyrique, Melpomène, la tragédie et Euterpe, la musique) œuvre du sculpteur Toulonnais Marius Montagne élève de Rude (1828-1879).
Sur le coté ouest les niches sont restées vides, la guerre de 1870 étant passée par là. Moralité faite l'amour et pas la guerre si vous aimez le beau et la sculpture.
L’opéra qui est considéré comme l'un des plus beaux de France, le plus grand de province (il peut accueillir 1800 spectateurs assis), et jouissant d'une acoustique extraordinaire. La scène occupe une surface de 22 mètres sur 18.
Etape 35 : Tribunal administratif
Au bout de la rue H. Duprat, vous longerez un superbe bâtiment haussmannien qui fut la première Caisse d'Epargne de Toulon.
Admirez le clocher d'angle élégamment élancé vers le ciel.
Remontez la Rue Racine jusqu'au Boulevard de Strasbourg. Prenez à gauche jusqu'à la Place de la Liberté.
Etape 36 : La Place de La Liberté
Maintenant vous voilà place de la liberté. Il est peut être temps de s'asseoir à la terrasse d'un café.
Véritable place centrale du Toulon Haussmannien et point de ralliement pour beaucoup de Toulonnais ,la Place de la Liberté a été créée lors de l'expansion de la ville en 1852. D'abord appelée Place d'Armes, elle ne prend le nom de Liberté qu'en 1889.
Aux abords de la place, on trouve deux réalisations architecturales remarquables : le Grand Hôtel au Nord et le bâtiment des Dames de France au sud. Le Grand Hôtel a été conçu par l'architecte Jacques sur commande d'un richissime tanneur du nom de Salasc construit en 1868-1869.
L'histoire de la Place de la Liberté est intimement liée à celle du Monument de la Fédération, la fontaine au centre de la place. Œuvre des frères Allar, le Monument de la Fédération, aussi appelé "Statue de la Fédération", dont l'inauguration en 1890 devait célébrer le centenaire de la Révolution Française. L'inauguration n'a pas eu lieu en 1889 parce que M. Dutasta Maire de Toulon est mort le 14 juin 1889...
Longtemps, la Place de la Liberté est demeurée le lieu de promenade privilégié de la jeunesse toulonnaise. Aujourd'hui, grâce aux travaux de ré aménagement de la place et de ses abords, de larges terrasses de café s'y étalent avec en fond sonore le la fontaine.
Autour du Mourillon
...
Etape 1 : Le Stade Mayol
Le stade Mayol a vu le jour grâce à l'amour que Félix Mayol portait au Rugby et aux jeunes de notre ville. Pour que les minots (jeunes en patois local) ne soient pas désœuvrés il a fait dont des droits de la chanson « viens poupoule » pour que soit construit le stade. Félix Mayol (1872-1941) avec son brin de muguet à la boutonnière promut toute une génération de comédiens Toulonnais (Sardou, Tramel...). Les Parigots les surnommais les comiques à l'huile. Pourquoi avait-il toujours un brin de muguet à la boutonnière ?Le 1er mai 1895, arrivant à Paris pour son premier spectacle, il fut accueillit par son amie Jenny Cook qui lui offrit un bouquet de muguet. Il mit un brin à sa redingote pour ne pas faire trop croque mort. Le soir ce fut un triomphe. Il conserva ce porte-bonheur toute sa vie.
Le RCT (Rugby Club Toulonnais) a su créer un lien puissant avec les Toulonnais. C'est une magnifique histoire d'amour entre une équipe et sa ville. Il a été porté sur les fonds baptismaux en juin 1908 du regroupement de la sélection maritime du sporting club télégraphique et du stade varois au « Coq Hardi » brasserie située sur le Bd de Strasbourg. Notre premier bouclier de Brennus a été remporté en 1931.
Le Rouge et le Noir, portés par les joueurs témoignent de leur férocité: le Rouge pour la Colère et le Noir pour le deuil des adversaires. Le brin de muguet est porté en l'honneur de Félix Mayol et reste l'emblème du club. Orné de 13 clochettes, il double les chances de victoires. De Herrero, Gruarin, Rives à Marc de Rougemont, Gerald Orsoni ou Christophe Dominici, nombreux sont les héros de l'ovalie qui ont entendu chanté le "pilou-pilou" :
"A nous les terribles guerriers du Pilou-Pilou qui descendons de la montagne vers la mer
PILOU ! PILOU !
Avec nos femmes échevelées alaitant nos enfants à l'ombre des grands cocotiers blancs
PILOU ! PILOU !
Nous les terribles guerriers du Pilou Pilou poussons notre terrible cri de guerre
ARRRRRRRRGGHHHHHHHHH !
J'ai dit terrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrible cri de guerre !
ARRRRRRRRGGHHHHHHHHH !
Parce que Toulon...
ROUGE !!!
Parce que Toulon...
NOIR !!!
Parce que TOULON ...
ROUGE ET NOIR !!!!"
En passant devant le stade Mayol vous verrez, juste avant le rond point une pelouse avec un ballon de rugby géant.
Etape 2 : Le Lycée Dumont D'Urville
L'avenue de Lattre de Tassigny sur votre gauche l'un des plus grands lycées de France, le Lycée Dumont D'Urville construit sur l'emplacement de la gare du Sud-Est qui reliait Toulon à Saint Raphaël. Les bombardements ne l'épargnèrent pas. Au musée du vieux Toulon vous pourrez admirez une des fresques du hall faite par Levéré.
Etape 3 : Le Quartier du Mourillon
Mourillon vient du provençal mourre : museau
Initialement, le Mourillon n’était pas habité et il n’y avait qu’un ancien cimetière et une poudrière. Les terrains étaient principalement utilisés comme jardins et vignobles.
Le Mourillon avec son ouverture sur la grande rade avait une position militaire stratégique.
La Grosse tour (tour Royale) qui gardait l'entrée de la petite rade a été bâtie au milieu du XVIe siècle. Le fort Saint-Louis, dont le rôle était d'assurer la défense de la rade des Vignettes a été bâti à la fin du XVIIe siècle. Le fort Lamalgue fut construit vers la fin du XVIIIe siècle.
C’est au milieu du XIXe siècle que le quartier commence à se peupler, en dehors des fortifications. Durant toute l'extension de l'arsenal, le quartier du Mourillon se développera.
L'église Saint-Flavien sera édifiée en 1864. La population ouvrière s'installera autour des artères principales.
La Mitre, au bord de mer, deviendra le quartier des officiers de marine avec ses maisons cossues, on l'appellera le quartier de la marine. On y goûte la douceur de vivre, le charme et la beauté du littoral. Le jardin d'acclimatation sera ouvert en 1887. Face à la mer et aux bains Sainte-Hélène se sont érigées de magnifiques demeures bourgeoises entourées de parcs et jardins aux essences ramenées par les multiples expéditions lointaines. En 1936, Jacques-Yves Cousteau effectue sa première plongée expérimentale le long des rochers du Mourillon.
Aujourd'hui, le quartier du Mourillon est le lieu de prédilection des toulonnais. Abritant la plus forte concentration d'antiquaires de la ville, le Mourillon propose un grand nombre de restaurants, bars et pubs du plus sobre au plus branché.
Si c'est un jour de marché, profitez-en pour y flâner. Il y a deux marchés l'un place E. Claude, l'autre place Mgr Deydier en remontant la rue Lamalgue. Ce dernier est un marché Bio.
Etape 4 : La Tour Royale
Au bout du Mourillon. Entrée libre.
En flânant dans les rue du Mourillon dirigez vous la Tour Royale.
Appelée aussi "Grosse Tour" en raison de sa dimension importante (60 mètres de diamètre) et de l'épaisseur de ses murs (jusqu'à 7 mètres à la base !), la Tour Royale est la plus ancienne forteresse de Toulon. Commencée en 1514 et achevée 10 ans plus tard, elle a été construite sur ordre de Louis XII, à la demande de la population toulonnaise qui souhaitait voir le port de commerce sécurisé.
D'abord ouvrage de défense, la Tour Royale devient, au 17ème siècle, une prison avec ses cachots souterrains. Pendant la guerre de 1870-1871, qui oppose la France à la Prusse, elle abrite, dans le plus grand secret, les lingots d'or de la Banque de France.
Longez les plages de la mitre jusqu’au fort saint Louis.
Etape 5 : La Mitre
Pourquoi ce quartier porte ce nom ? Parce qu'il ressemble à une mitre ou parce que sur la plage de la mitre un rocher se dresse ayant la forme (plus ou moins) d'une mitre ? Les deux mon général.
La mitre est la coiffe sacerdotale faite de deux pans de tissus rigides symbolisant la soumission du croyant à l’ancien et au nouveau testament.
Etape 6 : Le Fort Saint-Louis
Au bout du port Saint-Louis, ne se visite pas
Le fort Saint-Louis a été construit dans l'anse des vignettes. Cette anse retirée où, à l'époque il n'y avait aucune construction était le point faible de la ville qui n'avait pas encore de remparts. Le 17 juillet 1178 une flottille de barbaresques débarqua et pilla la ville par surprise. Ce fut le grand saccagement de Toulon. Avec le butin, ils emportèrent le vicomte de Toulon, Hugues Geoffroy, son neveu, sept chanoines et un prête. Une rançon fut versée pour la libération des otages 7 ans plus tard.
Qui ne revit jamais Toulon ? Le prêtre... Les voies du seigneur sont impénétrables.
20 ans plus tard les Sarrasins recommencèrent. Ceci explique les raisons de l'édification du fort Saint-Louis pour nous protéger de ces Sarrasins entêtés.
Le fort Saint-Louis, ou fort des Vignettes, du nom du port aux eaux profondes qu'il protège, a été construit sous le règne de Louis XIV de 1692 à 1699. Le projet d'édifier un bâtiment capable de défendre l'entrée de la rade de Toulon a été confié à Antoine Niquet, ingénieur en chef des Fortifications, et s'inscrit dans la volonté de fortifier la ville avec une ceinture de forts. Pierre Puget et Vauban sont associés à ces travaux qui vont modifier considérablement et définitivement la physionomie de Toulon.
Inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 29 novembre 1948, le fort est aujourd'hui utilisé par le club nautique de la Marine.
Parmi ses faits de gloire, il résista pendant 19 jours à l'attaque de l'escadre anglo-espagnole en 1707. Entièrement détruit, il sera reconstruit à l'identique.
Le 15 août ne manquez sous aucun prétexte son feu d'artifice et son embrasement.
Traversez la corniche
Etape 7 : Le Musée des Arts Asiatiques
106 boulevard Eugène Pelletan.
Ouvert de 12h à 18h sauf le lundi et les jours fériés.
Musée ouvert en 2001, il est installé dans la villa de Jules Verne. La famille Verne a marqué Toulon. Le petit fils de l’écrivain sera président du Tribunal de Toulon.
Vous trouverez une superbe collection d'objets provenant de Chine et du Japon au premier étage, d'Inde du Tibet et de Mongolie, au deuxième étage.
Etape 8 : Les Plages du Mourillon
Le quartier du Mourillon donne à la fois sur la rade (appelée petite rade) et sur la pleine mer (appelée grande rade).
C'est dans la grande rade que l'on trouve les plages du Mourillon. Ces grandes plages de sable ont été gagnées sur la mer dans les années 1960-70. Son sable a été transporté de l'est varois et mélangé à du sable artificiel. Auparavant, il y avait des criques de galets en contrebas. A l'époque une vive polémique opposa la municipalité aux premiers écologistes. Ces derniers soutenaient que le sable détruirait tout l'écosystème marin recouvert, indispensable à son l'équilibre. Espérons que depuis, il s'est reconstitué. L’écosystème bien sûr.
Les plages sont une halte indispensable pour les enfants : mini golf, mini kart, manège, rampe de skate, piscine à boules ….
Etape 9 : Le jardin botanique
Dans ce jardin après avoir flâné entre les arbres et les fleurs admirez la statue du poète Heinrich Heine réalisée à la demande de l’impératrice Sissi qui adorait ses verst par Hasel Puss. Cette statue fut offerte à la ville de Düsseldorf, ville natale du poète. La statue rejoindra la villa de Sissi à Corfou. Quand Guillaume II racheta la propriété, après l’assassinat de Sissi, il envoya la statue à Hambourg ne supportant aucune statue qui ne le représentait pas. En 1933 dans l’Allemagne NAZIE, l’oncle de Heine craint que la statue du poète juif ne soit détériorée. La statue est vendue au directeur des Folies Bergères qui l’installera dans sa propriété Toulonnaise, aujourd’hui jardin botanique.
Etape 10 : Le Sentier des Douaniers
En partant des plages du Mourillon promenez vous le long de la côte en allant vers le Pradet. Vous découvrirez les paysages des maitres provençaux du XIXème tel qu'ils étaient lorsque Cordouan et les autres les immortalisèrent. Georges Sand écrivait : « la mer creuse ses grottes et la côte forme des découpures dont chacune est un tableau. »
Continuez et vous finirez par passer sous le fort Sainte-Marguerite qui résista héroïquement lors du siège de 1707.
C'est là que le Romulus rasant les falaises échappa à la flotte anglaise.
Qui est ce Romulus... le fondateur de Rome? Non c'est un vaisseau de guerre.
En 1814, le port est soumis à un blocus Anglais. Le Scipion, un vaisseau tout neuf venant de Gênes tente de forcer le passage. L'amiral Cosmao avec trois vaisseaux dont le Romulus et trois frégates se porte à son secours.
Ces derniers rencontrent au large des îles d'Hyères 15 vaisseaux anglais. Par sémaphore, ils reçoivent l'ordre de se replier sur Toulon. Le Romulus commandé par le capitaine de vaisseau Rolland est le plus lent. Il sera l'arrière garde sur laquelle les anglais vont se déchaîner. Mitraillé, bombardé il est prêt à succomber. Rolland qui n'est pas un marin d'eau douce donne ordre à son vieux pilote Reboul de raser au plus près les falaises de Sainte-Marguerite.
Grâce à cette audacieuse manœuvre effectuée de mains de maitre, le vaisseau regagne Toulon comptant malgré tout 16 morts et 45 blessés graves. Ce haut fait qui promu Rolland au grade d'Amiral a été immortalisé par Cordouan (musée de Toulon).
